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Champs électromagnetiques et santé Dossier décrivant les effets des champs électromagnétiques sur les êtres vivants. L’électricité et les êtres vivants Dans les êtres vivants, l’électricité est à la base de l’activité des fonctions vitales. Un électrocardiogramme, un électroencéphalogramme représentent les activités électriques du coeur et du cerveau. Un muscle, tout organe d’un être vivant est contrôlé par des signaux électriques. Dans de très nombreux processus physiologiques, des champs électriques et des courants électriques sont impliqués.
Les études épidémiologiques
Champs électromagnétiques et cancer Des centaines d’études scientifiques concernant les risques biologiques des champs électromagnétiques, de fréquence 50/60 hertz, ont été publiées. Une grande partie porte sur la relation entre exposition aux champs électromagnétiques et risques de cancers. Les publications de ces études, leurs analyses par des groupes de scientifiques et des comités d’experts sont nombreuses et souvent contradictoires. Les médias publient fréquemment des informations sur le sujet, parfois inquiétantes, parfois rassurantes. Pour décoder les informations de différentes provenances, il faut prendre en compte l’influence des groupes de pressions très puissants. Les intérêts financiers enjeu font que de fortes pressions s’exercent à tous les niveaux, Il arrive que des responsables d’équipes de recherche soient mis sur la touche parce que les conclusions de leurs études ne sont pas conformes à ce que les commanditaires attendaient. Il est évident que les gros enjeux économiques et financiers incitent à minorer les risques. C’est une des raisons des divergences dans les conclusions des études et des analyses. C’est donc essentiellement aux études réalisées en toute indépendance que nous pouvons accorder notre confiance. Les études, analyses, rapports, synthèses citées ci-dessous sont pour certains complètement indépendants et pour d’autres plus ou moins influencés par des groupes de pressions. Dans un rapport publié en 1993, !‘INSERM dit : « Les études portant sur les associations entre exposition résidentielle aux champs électriques et champs magnétiques et cancer chez l’enfant, ne sont pas toutes concordantes. Elles suggèrent cependant, prises dans leur ensemble, que dans l’état actuel des connaissances, on peut admettre la plausibilité d’un effet des champs magnétiques sur l’apparition des leucémies. » Aux USA, un rapport préliminaire du National Council on Radiation Protection and Measurements (NCRP), en 1995, recommandait de fixer à 2 milligauss la limite pour les champs magnétiques dans les lieux sensibles tels que les hôpitaux et les écoles. Mais ce rapport n’a pas eu de suite. En 1998, les scientifiques du National Institute of Environmental Health Sciences ont déclaré que les CEM de 50/60 hertz doivent être considérés comme un possible agent cancérigène pour l’homme, Plus récemment, d’autres groupes d’experts sont arrivés aux mêmes conclusions. D’après une synthèse effectuée par Roger Santini, professeur et chercheur à l’INSA de Lyon, plus d’une étude sur deux montre une association significative entre l’exposition à un champ H électrique ou magnétique de 50/60 hertz et l’apparition d’un cancer. L’étude la plus marquante est celle de FEYCFITING et ALHBOM (1992) de l’institut Karolinska de Stockholm. Elle concerne une population de 436 000 personnes vivant à moins de 300 mètres d’une ligne à haute tension entre 1960 et 1985. Cette étude conclut à de moins de 15 ans, proportionnelle à l’intensité du champ magnétique auquel ils sont soumis. Pour une exposition moyenne supérieure à l mG, le risque relatif est de 2, il devient respectivement 2,7 et 3,8 pour des valeurs de champs magnétiques supérieures 2 et 3 mG. Cette étude montre aussi une augmentation du risque de leucémie pour l’adulte lors d’expositions à un champ magnétique égal ou supérieur à 2mG. Pour l’épidémiologiste Michel Goldberg, directeur de l’unité 88 de I’INSERM, «sur le plan méthodologique, c’est l’enquête épidémiologique la plus convaincante jamais publiée sur le sujet». Les mécanismes d’action Les mécanismes d’action des champs électromagnétiques sur les organismes vivants sont peu connus. Cependant, les études nous apportent des éléments très intéressants 1) Les champs électromagnétiques perturbent le fonctionnement de la glande pinéale ou épiphyse, et réduisent ainsi la production de mélatonine. Or cette hormone joue un rôle essentiel dans les défenses immunitaires et elle a en particulier une action anticancéreuse. Son rôle dans la régulation des rythmes biologiques est bien connu. 2) L’exposition aux champs magnétiques favorise la production de radicaux libres et accroît leur durée de vie. L’excès de radicaux libres a des conséquences néfastes sur la survie et la prolifération cellulaire. 3) Les CEM provoquent des perturbations du système immunitaire, en particulier une diminution des lymphocytes T chez l’homme et chez l’animal. Les perturbations les plus fréquentes A propos des champs électriques et magnétiques, on parle surtout des risques de cancers. Il s’agit des risques majeurs. Ils sont les plus étudiés et donc les plus connus. Mais d’autres troubles sont bien plus fréquents. Une enquête du Dr L. BONHOMME-FAIVRE, de l’hôpital Paul Brousse, en 1998, au sujet de 13 personnes exposées, en milieu professionnel, au champ magnétique d’un transformateur, montre une augmentation significative de troubles neurovégétatifs, hématologiques et immunologiques. En URSS, et dans les pays de l’est, contrairement aux pays occidentaux, on s’est préoccupé depuis longtemps des incidences des CEM sur les troubles neurologiques. Deux savants russes, Asanova et Rakov mentionnent, dès 1 966, chez des travailleurs exposés aux CEM, des symptômes neurologiques : fatigue, maux de tête, nervosité, diminution de la libido. Une étude menée par le Dr De-Kun Li, épidémiologiste au Kaiser Foundation Research Institute, montre un doublement du risque de fausse couche chez les femmes qui ont été exposées régulièrement, à des pics de champs magnétiques 60 hertz, à partir de 16 mG. Le risque est accru pour des expositions pendant les 10 premières semaines de la grossesse. Les troubles les plus fréquemment constatés sont tous ceux que l’on classe dans la famille des troubles neurovégétatifs (troubles du sommeil, fatigue chronique, maux de tête, nervosité, stress). En occident, ils sont peu étudiés car on les considère comme trop subjectifs. Souvent on observe ces troubles chez les personnes exposées aux CEM et on constate leur disparition après suppression des champs électriques ou magnétiques. Les cas concrets exposés ci-dessous le montre clairement. Quelques exemples concrets
1) L.M., à Rennes, a des insomnies. Il constate que dans l’une des chambres il parvient à un sommeil normal, alors que dans les deux autres chambres il dort très mal. Les mesures révèlent des champs électriques de 25 V/m à la tête du lit. Ils sont émis par les fils électriques encastrés dans la cloison. Après élimination des champs électriques, par la pose d’un Interrupteur Automatique de Champs, L.M. retrouve le sommeil. Trois ans plus tard, L. M. achète une maison à Saint-Malo. Il demande un bilan des CEM, parce qu’il a de nouveau des problèmes de sommeil. Cette fois on mesure dans l’ensemble de la maison un champ magnétique de 1,5 à 2,5 milligauss qui est généré par la ligne EDF 230/380 volts longeant la rue. Normalement cette ligne ne devrait pas émettre un champ magnétique aussi intense, mais elle forme une boucle fermée à l’origine du problème. 2) R.B. est très fatiguée le matin au réveil. Le lever est difficile. Le problème est causé par des champs électriques de 20V/m à la tête du lit. Après suppression des causes tout va bien. 3) Chez G.C. des champs électriques de l’ordre de 20 à 50 V/m à la tête du lit provoquent des insomnies. Ces champs électriques sont dus aux conduits électriques passant sous le plancher en bois. Ici encore, après élimination des champs électriques les problèmes disparaissent. 4) P.G. souffre d’insomnies depuis plus de 10 ans. Au réveil, il se sent très fatigué, il manque d’énergie pendant toute la matinée. A la tête de son lit, des champs électriques de 3V/m sont causes de ses insomnies. Cet homme est très sensible aux CEM. Quand les champs électriques dans la chambre et dans l’ensemble de la maison sont éliminés, il retrouve son énergie. 5) Mme S. souffre d’insomnies depuis de nombreuses années. Un de ses enfants ne s’endort pas avant 1 heure du matin. L’écriture de l’enfant est mal formée et raturée. Après le déplacement de son bureau, son écriture est bien formée. La cause de ces problèmes: des champs électriques de 20 à 30 V/m environ. Après l’installation d’interrupteurs automatiques de champ (IAC), les champs électriques sont éliminés et toute la famille dort correctement. 6) Madame R. (à Rennes) est très fatiguée. A la tête de son lit, on mesure un champ électrique de 17 à 22 V/m. Il suffit de débrancher la chaîne placée près du lit pour faire chuter le champ électrique à 1 V/m. Sur son bureau, une lampe halogène (avec transformateur dans le pied) émet, à une distance de 30 cm, un champ électrique de 80 V/m et un champ magnétique de 4mG. 7) Madame K (à Vannes) souffre d’insomnies. Des champs électriques de 20 à 25 V/m sont mesurés à l’emplacement de son lit. Pendant quelques mois, elle coupe chaque soir les circuits électriques de sa chambre au tableau. Elle retrouve alors un sommeil normal. Par la suite, un Interrupteur Automatique de Champs est installé ; c’est plus pratique. 8) Madame M (dans l’Aude) déclare « Depuis que j’habite dans cette maison, la seule nuit où j’ai bien dormi, c’est lorsqu’il y a eu une panne EDF durant 24 heures ». 9) M K, agriculteur en Bretagne fait restaurer une maison pour sa retraite. Pour cette maison, il demande des Conseils pour la réalisation de son installation électrique. Il est très exigeant sur la prévention des risques de champs électromagnétiques et il a de bonnes raisons pour cela. Pendant 25 ans, il a été victime, des champs électromagnétiques d’une ligne de 225000 volts. Et le plus dramatique, c’est le décès de son épouse d’une leucémie lymphoïde, justement le type de leucémie souvent lié aux expositions aux champs électromagnétiques. On ne peut avoir la certitude que la leucémie est due aux CEM, mais il y a une très forte probabilité. Les facteurs de risques Les risques des CEM dépendent de plusieurs facteurs : 1) L’intensité du champ électrique et du champ magnétique. 2) Le temps d’exposition : durée par jour et nombre d’années. 3) Le moment de l’exposition : pendant le sommeil, la sensibilité est plus forte que pendant l’activité. 4) La sensibilité individuelle très différente selon les personnes. Des personnes peuvent être très sensibles et même hypersensibles (électrosensibles). 5) La présence simultanée de champ électrique et de champ magnétique. Le cumul de CEM de différentes fréquences et d’autres facteurs environnementaux. 6) Les formes du courant qui comportent des harmoniques et des pics très brefs se superposent souvent au 50 hertz. Les perturbations sont d’autant plus importantes que les variations de tension et d’intensité sont rapides. Les seuils de risques Dans de nombreuses études, on rapporte une augmentation des risques de cancer pour des expositions de longue durée à des champs magnétiques dont l’intensité atteint ou dépasse 2 ou 3 mG. Parfois ce seuil se situe entre 1 et 2 mG. Sur les risques liés à l’exposition aux champs électriques on ne dispose pas d’études aussi nombreuses. Cependant, une étude récente montre une augmentation significative du risque de leucémie chez l’enfant à partir de 10 V/m (à l’emplacement des lits). Si les effets des champs électromagnétiques ne sont pas contestables, les seuils de sensibilité et les normes sont difficiles à établir en raison des sensibilités individuelles très variables. A partir des études épidémiologiques et des nombreux cas des personnes perturbées par les CEM, rencontrés depuis quelques années, il y a un accord, entre les professionnels concernés par les risques électromagnétiques, pour fixer les seuils aux environs des valeurs ci-dessous Champs électriques : 2 à 5 V/m Champs magnétiques : 0,2 à 0,5 mG On préfère citer une fourchette de valeurs, plutôt qu’un seul chiffre en raison des différences de sensibilités individuelles. En l’état actuel des connaissances, le principe de précaution devrait s’appliquer et les seuils ci-dessus pourraient servir de références pour établir des normes. Extrait du Guide pratique de l'électricité biocompatible (Par Claude BROSSARD)
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